Alors que nous sommes déjà en 2021, le moment est particulièrement adapté pour étudier l’une des tendances majeures de l’année écoulée – une sensibilisation accrue et un appel à l’action pour la diversité et l’inclusion. Lors de cet entretien avec Michelle Arentz, propriétaire de Lazarus Learning LLC, nous examinons les éléments de ce sujet important ainsi que les mesures qui peuvent être prises.

Que voyez-vous ou entendez-vous sur la diversité et l’inclusion dans l’entreprise ?

Ce sujet suscite sans aucun doute beaucoup de discussions. Après les manifestations de grande ampleur et les violentes protestations de 2020, je pense que beaucoup d’organisations ont pris conscience de l’injustice et de l’inégalité et ont réalisé que le temps était venu d’intensifier leur action. J’ai récemment pris part à un forum de discussion virtuel pour les ressources humaines et les professionnels de la formation, et la conversation s’est orientée sur la nécessité de trouver des moyens pour intégrer davantage la diversité et l’inclusion (ou de D&I pour faire plus court), dans leurs pratiques. J’ai trouvé cela encourageant, mais nous avons également convenu que la tâche n’était pas simple et qu’il n’était pas possible de la mettre en œuvre rapidement.

Selon vous, quels sont les principaux défis à relever pour renforcer la diversité et l’inclusion dans l’entreprise ?

Je suis sûre qu’il en existe beaucoup, mais ce qui me vient spontanément à l’esprit, c’est la complexité de la question, l’engagement qu’impliquent de telles mesures et la crainte que si elles ne sont pas correctement mises en œuvre, elles puissent faire plus de mal que de bien. La diversité peut signifier tant de choses, et les avis divergent sur ce qu’est la diversité, ou comment agir pour la promouvoir. La tâche peut sembler colossale, et il est certain que lancer une discussion attendue depuis longtemps sur le sujet peut être délicat. C’est un vaste sujet en soi, mais je dirai que sans un leadership et un engagement sans équivoque venant du haut de l’organisation, ce changement de paradigme sera beaucoup plus difficile à initier. Et si sans efforts d’amélioration ou de changement, rien ne sera fait. Nous devons parvenir à nous débarrasser de certaines de ces craintes et nous lancer.

Comment une organisation peut-elle commencer à mettre en œuvre la diversité et l’inclusion ?

Le plus simple est peut-être de commencer par l’un des aspects les moins évidents mais tout aussi importants de la D&I. Au lieu de s’attaquer à une question aussi complexe que le racisme ou le sexisme, pourquoi ne pas essayer des mesures qui répondraient aux besoins d’inclusion tout en étant moins sensibles sur le plan émotionnel. Faire le point sur la façon dont une entreprise gère des sujets tels que la capacité de ses employés et de ses clients à comprendre ses messages et ses documents, en est un bon exemple. Les besoins en informations visuelles et auditives sont-ils satisfaits ?

C’est une idée intéressante. Comment cet aspect de l’entreprise s’inscrit-il dans les efforts de D&I ?

N’oublions pas qu’une grande partie de la population américaine est aux prises avec des troubles de vision ou de lecture. Près de 14 millions de personnes aux États-Unis souffrent d’une déficience visuelle, et pour 3 millions d’entre elles, cette déficience ne peut pas être corrigée par des lunettes ou des lentilles (Une étude révèle que la plupart des américains ont une bonne vue, mais 14 millions souffrent de déficience visuelle | National Institutes of Health (NIH)). Alors, comment ces personnes parcourent-elles votre site Web, vos documents promotionnels, vos mémos internes et autres documents ? D’autres statistiques indiquent que près de 11 % de notre population présente un handicap cognitif pouvant affecter notamment la capacité à traiter les informations présentées au format visuel ((Infographie : le handicap nous concerne tous | CDC).

Les chiffres sont tout aussi significatifs pour les troubles tels que la dyslexie qui touche plus de 30 millions d’Américains soit près de 15 % de la population(www.dyslexia-reading-well.com/dyslexia-statistics.html). Ce n’est pas rien, et cela signifie que beaucoup de nos entreprises ont des clients et des employés aux prises avec des difficultés de lecture et de compréhension. ReadSpeaker a déjà partagé des informations édifiantes sur ce sujet, Octobre est le mois de la sensibilisation à la dyslexie – ReadSpeaker, et sur la façon dont la technologie de la synthèse vocale peut aider à combler les fossés.

Enfin, outre le grand nombre de locuteurs en langues étrangères, un nombre étonnant d’Américains ne savent pas correctement lire ou écrire, aujourd’hui encore. Nous parlons de plus de 32 millions d’adultes analphabètes dans ce pays, auxquels il faut ajouter 21 % de personnes qui n’ont pas atteint un niveau de lecture de CM2 (brandongaille.com/us-literacy-rate-and-illiteracy-statistics). Ces chiffres sont assez incroyables.

Ces chiffres sont stupéfiants. Qu’est-ce que cela signifie pour les entreprises qui veulent renforcer leurs efforts en matière de diversité et d’inclusion ?

Je vois cela comme une occasion en or permettant à de nombreuses organisations d’apporter des changements qui amélioreront considérablement l’implication de leurs clients et de leurs employés. Pourquoi ne pas profiter des technologies qui existent déjà, qui fonctionnent bien et qui, en fin de compte, permettent aux personnes pour lesquelles les éléments visuels constituent un obstacle de participer plus pleinement ? La synthèse vocale permet aux personnes d’écouter au lieu de voir seulement. Regardez combien d’entre nous apprécient de pouvoir parler à un smartphone ou à une enceinte connectée pour obtenir des informations et des réponses. Imaginez ce que l’on ressent quand on regarde une vidéo avec le son coupé… on ne peut pas l’apprécier autant, ni même concentrer notre attention dessus. 

Prendre des mesures pour intégrer davantage la synthèse vocale dans les fonctions des entreprises renforce l’implication, ce qui se traduit par une augmentation de la productivité.  Nous savons déjà que l’apprentissage bimodal permet d’améliorer les résultats des apprenants, indépendamment de toute capacité ([Vidéo] 5 Avantages de l’apprentissage bimodal – ReadSpeaker). Sachant que vous pouvez améliorer efficacement les résultats des apprenants, ne serait-ce qu’en ce qui concerne votre propre personnel, ne souhaiteriez-vous pas bénéficier de ce genre de retour sur investissement ? Dans le cadre de mes activités de consultante en formation et en développement et de créatrice de contenus, j’insiste sur le fait que tout ce que je produis inclut aussi bien des composants audio que des composants visuels. 

C’est un bon point. Pensez-vous que la pandémie à COVID-19 ait également pu avoir des répercussions sur la diversité et l’inclusion ?

Oh oui, absolument. Le fait que le virtuel ait remplacé de nombreuses activités impliquant jusque-là une interaction en personne a bouleversé les règles du jeu et il est probable que cela aura des répercussions sur les années à venir. Cette évolution a certainement prouvé que beaucoup d’entre nous peuvent travailler depuis chez eux de façon performante (et beaucoup voudront conserver une plus grande souplesse, même lorsque nous pourrons retourner en toute sécurité sur nos lieux de travail). Mais elle a également mis en lumière de nombreuses inégalités. Une fois encore, je crois qu’une plus large utilisation de la synthèse vocale peut contribuer à combler certains fossés.

Comment pouvons-nous utiliser la synthèse vocale pour combler le fossé en matière de diversité et d’inclusion au sein de l’entreprise ?

Plusieurs domaines essentiels méritent d’être pris en compte. D’abord, l’enseignement a été considérablement impacté en devenant une activité en ligne. Il est certain que les étudiants qui ne bénéficient pas d’un bon accès à la technologie ou d’un soutien à l’apprentissage en personne sont en souffrance. Cela va se répercuter un certain temps, et finalement frapper le marché du travail, lorsque ces jeunes auront terminé leur scolarité. Leur offrir la synthèse vocale comme un support d’apprentissage en ligne est essentiel maintenant (Égalité d’accès dans le paysage de l’enseignement en temps de COVID-19 – ReadSpeaker). N’oublions jamais que les étudiants d’aujourd’hui sont des travailleurs de demain. De ce fait, nous verrons arriver un plus grand nombre d’employés qui pourraient avoir besoin d’un « coup de pouce » sur leur lieu de travail lorsqu’ils auront perdu les supports dont ils ont bénéficié pendant leurs années d’apprentissage fondamental. 

De plus, les travailleurs en première ligne pendant cette pandémie sont soumis à un stress supplémentaire. La distanciation, les barrières, les EPI et autres dispositifs en place sur le lieu de travail limitent les repères visuels auxquels nous nous référons lorsque nous communiquons. La synthèse vocale peut contribuer à renforcer les éléments visuels par un composant audio. N’oublions pas non plus que de nombreux travailleurs « essentiels » font également partie de la main-d’œuvre pour laquelle l’anglais peut être une langue seconde, ou qui est aux prises avec des troubles de l’apprentissage, ce qui nous ramène à ce que je disais plus tôt : un support auditif utilisant des technologies telles que la synthèse vocale permet aux entreprises de mieux communiquer toute information dont leurs collaborateurs pourraient avoir besoin.

Enfin, avec le télétravail, de plus en plus d’interactions (réunions, formations ou appels de clients) se déroulent de façon virtuelle. Ce n’est pas un environnement dans lequel, la majorité d’entre nous a l’habitude d’évoluer et les repères visuels sont compromis. La synthèse vocale peut apporter une solution pour booster les connexions de communication, rencontrer les personnes là où elles sont plutôt que là où on veut qu’elles soient. Il en va de même pour nos clients : comment les aidons-nous à communiquer avec nous en ces temps difficiles ?

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À propos de Michelle Arentz

Photo of Michelle Arentz

Diplômée en communication et en formation, l’apprentissage a toujours fait partie de la vie de Michelle.  Ayant tissé sa carrière entre l’apprentissage et le développement pour les entreprises et l’enseignement public depuis plus de 20 ans, il s’agit plus, à ses yeux, d’une vocation que d’une carrière.  Avec de nombreuses années d’expérience dans la conception et la mise en œuvre de contenus, de cours et de programmes, rendre l’apprentissage motivant et enrichissant est sa mission personnelle.  Partageant sa passion pour la simplification et l’enseignement, elle a touché un public très varié, allant des étudiants du secondaire aux employés des usines de production ou aux dirigeants d’entreprise sur le plan national et international.  Travaillant aujourd’hui en tant que consultante indépendante et conceptrice de programmes d’étude au sein de son entreprise, Michelle met ses compétences et sa passion pour le développement des compétences et du savoir au service de ses clients qui souhaitent améliorer leur propre processus d’apprentissage permanent ou celui de leurs collaborateurs.

À propos de Lazarus Learning

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Lazarus Learning LLC est né du désir de Michelle de « donner un nouveau souffle » au contenu d’apprentissage, de ressusciter les supports existants des clients ou de créer des supports de toutes pièces.  Des années d’expérience dans l’apprentissage et le développement ont démontré que même si beaucoup de personnes ont des grandes connaissances et de grandes capacités, cela n’apparait pas toujours de façon évidente dans les documents dont ils disposent.   Avoir accès à des supports et à des expériences enrichis et stimulants bénéficie à tous, et Michelle est déterminée à aider le monde à se débarrasser de la « mort par PowerPoint » en déployant ses talents pour créer des projets d’apprentissage et de développement.