Cet article sur la solidarité numérique est le troisième d’une série qui a pour objectif d’aider à la prise de décision dans l’optimisation des services rendus en ligne aux citoyens par l’usage de la vocalisation des contenus, une solution innovante et efficace. Metz a été l’une des premières villes françaises à vocaliser son site internet. Francis Hector, Chef de projet Développement numérique, indique : « Dans un premier temps, nous avions animé des ateliers de réflexion avec des associations de malvoyants et développé une offre de lecteurs MP3 permettant au sein de nos espaces multimédias et mairies de quartier de consulter les bulletins municipaux. En extension de cette démarche, la vocalisation intégrale de nos pages internet nous est apparue comme une évidence. »

Une vocalisation citoyenne

Une vocalisation citoyenne

Dès 2011 était diffusé un document de synthèse qui expliquait les enjeux de la politique de la ville en matière de réduction de la fracture numérique : « Solidarité numérique et politique de la ville, un levier pour réduire les inégalités. » Réalisé par l’association Villes Internet en partenariat avec le Comité interministériel aux villes (SGCIV), il décrivait de nombreuses initiatives lancées dans les quartiers populaires pour aider les populations dites « en difficulté » à avoir accès aux mêmes droits que les autres citoyens : accès à l’emploi, accès à la connaissance, accès aux services de l’e-Administration, etc. En quoi l’usage d’internet pouvait apporter une meilleure intégration sociale ? De nombreux exemples l’illustraient, notamment celui des populations immigrées qui trouvaient, grâce à internet et dans le cadre d’un accompagnement, une aide à l’apprentissage de la langue. Nathalie Caclard, Chef de projet Innovation numérique à la Mairie de Fontenay-sous-Bois, illustre cette démarche : « Nous développons dans la municipalité, en partenariat avec des artistes dans le cadre de rencontres avec les jeunes, une thématique d’action centrée autour de la voix et de ses interactions avec les nouvelles technologies, en association avec les écoles, centres de loisirs, associations, et espaces publiques numériques de notre territoire. Ces actions sont liées à notre investissement en matière d’internet solidaire et de réduction de la fracture numérique. Nous avons identifié que les adolescents en décrochage scolaire, dont le vocabulaire s’appauvrit, trouvent dans la vocalisation des sites internet avec surbrillance à la lecture, une aide considérable pour aider à compenser leur faible niveau d’orthographe. » Le W3C, l’organisme qui met au point les normes et protocoles du web, a créé la Web Accessibility Initiative (WAI) dans le but d’améliorer l’accessibilité. La vocalisation des sites internet répond à certaines recommandations du W3C édictées le 11 décembre 2008, le Web Content Accessibility Guidelines (WCAG) 2.0, qui présentent un large éventail pour rendre les contenus web plus accessibles à « une plus grande variété de personnes en situation de handicap, incluant les personnes aveugles et malvoyantes, les personnes sourdes et malentendantes, les personnes ayant des troubles d’apprentissage, des limitations cognitives, des limitations motrices, des limitations de la parole, ou de la photosensibilité, et les personnes ayant une combinaison de ces limitations fonctionnelles. » Son principe 3 annonce que « les informations et l’utilisation de l’interface utilisateur doivent être compréhensibles », sa règle 3.1 recommande de « rendre le contenu textuel lisible et compréhensible », et son critère 3.1.5 précise : « Lorsqu’un texte nécessite une capacité de lecture plus avancée que le premier cycle de l’enseignement secondaire, après la suppression des noms propres et des titres, un contenu additionnel ou une version qui ne requiert pas de capacité de lecture supérieure au premier cycle de l’enseignement secondaire est disponible (Niveau AAA). » Il faut entendre dans contenu additionnel tout supplément illustrant ou clarifant le contenu primaire. La version audio d’une page web en fait partie.
Schéma WAG

Schéma détaillé du programme WAG. Source : http://www.avoka.com/

Sébastien Delorme, Responsable accessibilité numérique d’Atalan, société de conseil spécialisée dans la sensibilisation au handicap, confirme : « La solution ReadSpeaker est un outil de confort pertinent, notamment pour les sites internet respectueux des normes et bonnes pratiques d’accessibilité. La barre de lecture qui permet de vocaliser les contenus est un outil intéressant notamment pour les personnes dyslexiques ou malvoyantes. » Télécharger livre blanc Vocaliser sa présence internet